L'enTerrement
Oter la Vie à celle qui vous la donné,
A coups d'prétention, de primauté simulée ;
La déshydrater, la tuer, sans nous assoiffer...
Car quand elle tarie, elle tue.
La poser sur nos chaises d'énergie aisée,
L'électrocuter devant tous, la fair' trépider ;
Voir qu'ell' fît naitre jadis, mais va se venger...
Car quand elle tremble, elle tue.
La détacher de sa perfection d'avant-hier,
Déshabiller l'être qui fut autrefois de vert ;
La défleurir, mais gare si elle prend froid l'hiver...
Car quand elle s'enrhume, elle tue.
La gaver de produits mortels, l'empoisonner,
L'intoxiquer, l'enfumée, la cimenter, et ;
L'étouffer, mais attention bouchez-vous le nez...
Car quand elle tousse, elle tue.
L'allonger, lui ouvrir la bouche et y creuser,
Rejoindre ses entrailles qui nous ont formés ;
L'excaver mais éponger le sang qui jaillirait...
Car quand elle souffre, elle tue.
A quoi bon se trouver une autre génitrice,
Sans savoir régir, gérer chacun de nos vices ;
Ce serait risquer autant de morts que de sévices...
Car quand on l'oublie, ses alliés tuent.
Puisqu'elle nous a, depuis toujours mis au monde,
Le monde a misé sur elle, « elle nous protègerait » ;
Sa progéniture l'empêche d'être féconde...
Oter la Vie à celle qui vous la donné ...
C'est se suicider, s'exterminer à jamais,
Car quand elle se meurt, elle tue.